Si quelqu'un tombait à l'eau ce soir dans votre port, pourrait-il en ressortir seul ?
Dernière mise à jour : 8 oct.

C'est la question que pose le livre blanc que Port-Safety vient de publier. Dix ans d'interventions sur des quais de commerce, des fronts d'eau urbains et des ports de plaisance dans 42 pays, réunis dans un seul document. J'en ai réalisé l'édition française, enrichie de deux cahiers consacrés au contexte national.
Il part d'un constat simple, et dérangeant : disposer d'équipements de sauvetage ne suffit pas.
Le premier secours, c'est la personne dans l'eau
Dans la grande majorité des chutes en bassin, personne n'a rien vu. Avant l'arrivée des secours, la victime doit enchaîner cinq actions, et chacune peut échouer :
Rester à flot — survivre au choc thermique, garder ses repères.
Repérer une issue — identifier un équipement visible depuis la surface. La meilleure n'est pas toujours la plus proche : dans un courant, c'est celle qui se trouve en aval.
L'atteindre — nager ou dériver sans lutter contre le courant. Les filins d'appui permettent de tenir entre deux échelles.
Remonter — sur une échelle qui descend sous le niveau de l'eau, avec des barreaux utilisables par quelqu'un qui n'a presque plus de force dans les bras.
Franchir le couronnement — basculer le haut du corps par-dessus l'arête du quai, ce qui suppose une poignée de franchissement.
Chaque maillon compte, et il suffit qu'un seul cède. C'est la thèse centrale du livre blanc, et elle tient en une phrase.

On ne se noie pas parce qu'on est tombé à l'eau. On se noie parce qu'on ne trouve pas comment en sortir.
Ce qu'une inspection depuis le quai ne voit pas
Sur les plans d'eau que je relève, quatre situations reviennent systématiquement. Aucune n'est visible de jour, depuis le couronnement.
L'échelle invisible la nuit — la lumière ne contourne pas l'arête du quai. Les candélabres éclairent le terre-plein et laissent la paroi dans l'ombre : vue depuis l'eau, elle reste noire sur toute sa longueur.
L'échelle qui s'arrête au-dessus de l'eau — un dernier barreau hors d'eau à marée basse est inatteignable pour une personne épuisée.
L'échelle endommagée que personne n'a vue — corrosion sous la ligne d'eau, fixations manquantes, délamination des composites. Le danger n'est pas l'équipement visiblement cassé : c'est celui qui paraît fonctionnel et ne l'est plus.
L'orange qui disparaît sur la palplanche — sur un mur brun ou rouillé, l'orange n'offre aucun contraste. Le jaune haute visibilité s'est imposé comme standard des équipements de secours, parce qu'il reste lisible au crépuscule et par brume.
La bonne question n'est donc pas « avons-nous des échelles ? », mais « est-ce qu'elles fonctionneraient si quelqu'un en avait besoin cette nuit ? »
Des référentiels qui convergent
Les réglementations varient d'un pays à l'autre, mais les référentiels internationaux — l'EN 14329, la BS 6349-2, le recueil de directives pratiques de l'OIT — se rejoignent sur six principes : visibilité, accessibilité depuis l'eau, espacement régulier des issues, dimensionnement permettant de grimper, maintenance et inspection périodique.
En France, le Pavillon Bleu va dans le même sens : son critère 13, impératif et vérifié en audit, exige des équipements de secours « présents, visibles et accessibles 24/24 », avec une échelle et une bouée tous les 50 mètres. J'y consacre un article à part.
Et votre plan d'eau ?
La check-list des douze points se parcourt en dix minutes, plan du port en main. Chaque case non cochée est un maillon de la chaîne d'auto-sauvetage susceptible de céder.
Si vous préférez ne pas la faire seul, je réalise un pré-diagnostic, gratuitement et sans engagement, sur l'ensemble de votre linéaire : quai et ponton. Vous recevez :
un relevé des installations ;
un plan d'implantation, mesuré sur vue satellite, conforme à la règle des 30 mètres ou des 50 mètres ;
un chiffrage détaillé, poste par poste, directement utilisable en arbitrage budgétaire.
Deux informations suffisent pour démarrer : le nom du port et une estimation des hauteurs de quai & pontons. La demande prend moins d'une minute en cliquant ci-dessous :
Vous préférez écrire directement ? france@port-safety.com — 06 51 87 19 86.
Ce que contient le guide
La chaîne d'auto-sauvetage, maillon par maillon,
Ce que les normes internationales ont en commun,
La visibilité : de jour comme de nuit,
La conception d'un itinéraire d'évacuation : échelles, poignées, filins d'appui, postes de sauvetage,
Le risque caché de la corrosion et des dommages d'impact,
Le coût global sur le cycle de vie, au-delà du prix d'achat,
Une check-list d'auto-évaluation en 12 points, à parcourir plan du port en main.
L'édition française ajoute deux cahiers pour le sports de plaisance : les chiffres des noyades en France, d'après le bilan de Santé publique France pour l'été 2025, et le cadre posé par le Pavillon Bleu (article à ce sujet ici).
Télécharger le guide — édition Port de Plaisance
Télécharger le guide — édition Port de Industriel et de Commerce
Nicolas Bonvalet dirige Bon Port, représentant exclusif de Port-Safety® ApS (Danemark) pour la France et les marchés francophones. La LifeLadder Thor® — jaune RAL 1016 teinté dans la masse, éclairage solaire intégré, modules à mémoire de forme, conforme EN 14329:2004 — est installée en France à Bandol, Port-Vendres, Haropa Rouen, GPMM, Cherbourg, Saint-Tropez, Calvi.
Source — Port-Safety, Preventing Drownings Along Quay Walls, septembre 2026. Édition française Bon Port.


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